Ombre d'une femme devant un ciel étoilé
Philo LV2

Mes espoirs pour l’après confinement

A écouter en lisant cet article ❤

J’écris ces lignes le 9 mai 2020 soit 2 jours avant la fin du confinement. Tout du moins la fin du confinement strict. Parce que je compte bien ne pas faire « comme avant », rester prudente et passer encore un peu de temps cloitrée (la casanière en moi jubile).

Cela fait donc 2 mois que nous sommes confinés et que nous nous apprêtons à goûter à nouveau à la liberté. Oui mais…

Je suis déjà nostalgique

Mes espoirs pour l'après confinement. Femme lisant devant une fenêtre ouverte. Couché de soleil sur une forêt.

Pas toi ? Tu n’as donc pas suivi le JT de 13h 😉 Alors pense aux petits villages aussi calmes qu’il y a 100 ans, au ciel de printemps exempt de toute trace d’avion. N’as-tu pas expérimenté une nouvelle temporalité, plus douce avec un temps quotidien beaucoup plus dédié à toi seul ? Des activités parasites qui ne sont plus ? La culpabilité de ne pas faire assez envolée ?

Qu’as-tu trouvé de positif au confinement ?

Tu l’auras compris, j’ai aimé me confiner. Avoir du temps pour paresser sans être interrompue par les petites alarmes internes qui régissent d’ordinaire mon quotidien.

« Sors », « Profite de tes amis », « Tu as surement mieux à faire dehors », « Fais quelque chose », « Soit productive »

Rien de tout cela. Mais mon plaisir à être confinée est aussi en partie dû au fait que j’étais en famille, à la campagne et que mes proches ne sont pas tombés gravement malades. Je pense bien sûr à toi si cela n’a pas été le cas.

Le monde en mieux

Globe terrestre.
Mes espoirs pour l'après confinement

Au cours de cette période de confinement, j’ai aussi eu plaisir à me nourrir des infos positives. Le décentrage de l’être humain et la réalisation de sa vulnérabilité. L’arrêt des productions asiatiques et leur transport. La prise de conscience des richesses produites sous notre nez et leur inclusion dans les achats quotidiens. La réduction des pollutions, de la circulation des voitures, des trains, des bateaux et des avions. La réappropriation par la nature des espaces surexploités par l’être humain.

C’est surtout ce dernier point qui m’a le plus touchée. Comme si la nature avait voulu nous dire : « Regarde comme c’était sympa quand tu prenais moins de place, quand tu étais moins bruyant et quand tu ne bougeais pas partout tout le temps ».

Je suis déjà nostalgie pour ça aussi.

Le monde après confinement

Parce que je vois déjà venir notre enthousiasme à l’idée de reprendre nos vies là où nous les avions laissées. Les projets d’après confinement ne manquent pas si l’on en croit les badauds auxquels les journalistes tendent le micro.

Je suis de ceux-là. J’ai à nouveau envie de jouir de ma liberté sans avoir à justifier mes déplacements à qui que ce soit. Mais est-ce qu’on pourrait au moins garder en tête les bienfaits que cette pause à eu à tous points de vue ?

Nous avons moins consommé : avons-nous été moins heureux pour autant ?

Nous avons moins bougé : avons-nous développé une allergie à la sédentarité ?

Nous avons moins produit et moins été en demande de production : le monde a-t-il cessé de tourner ?

Je me dispense de parler d’économie car mon point de vue est assez arrêté sur la question et je vous invite à lire le paragraphe « Avec moi la croissance » de mon article du 20 mars.

On se pose deux minutes ?

Jambes de femme dans un hamac face à la mer.
Mes espoirs pour l’après confinement.

On va pouvoir à nouveau sortir. Génial ! Mais est-ce que maintenant, on pourrait prendre conscience des conséquences de nos activités ? Parce qu’en étant dans le feu de l’action, ce dont nous avions l’habitude était devenu une norme remise en cause par une minorité de personnes (aka les écolos). En stoppant la folle course du quotidien, nous avons pu réaliser que cela n’allait pas de soi, et que nous façonnions le monde selon nos exigences en faisant fi de ses besoins à lui.

Alors oui, j’ai envie de voir moins d’avions dans le ciel. J’ai envie d’entendre moins de voitures. J’ai envie que les animaux se sentent toujours à leur place sur cette terre qui leur appartient tout autant qu’à nous. En fait non, elle ne nous appartient pas. Nous l’habitons, c’est tout. J’ai envie que l’urbanisation ne progresse plus à un rythme aussi effréné. J’ai envie que l’on redécouvre tous la valeur des choses, que l’on consomme local. Finalement, que l’on vive chez soi plutôt que de chercher frénétiquement le bonheur dans l’ailleurs, le lointain. Parce qu’au fond, c’est quand même épuisant de courir dans tous les sens, tu ne penses pas ?

Déconfiné.e et conscient.e

Femmes qui court à travers une porte.
Mes espoirs pour l'après confinement.

Je ne dis pas qu’il faut envisager de ne plus bouger. Pas du tout. Mais est-ce bien normal de traverser la France en 4h ? Le monde en 15 ? Oui, prendre l’avion pour découvrir de jolies contrées polynésiennes, polaires ou balinaises c’est plaisant. Si le faire contribue à ton bonheur, fais-le. Mais pense à ce que tu laisses derrière toi. Fais-le pour plus d’une semaine et pas tous les ans.

On a exploité tout ce qui était exploitable sur la Terre : on a creusé le sol profondément et on s’est élevés bien au dessus des nuages. On a été au bout des océans et on a forcé tous les passages pour trouver les chemins les plus courts, quitte à sacrifier un peu de pergélisol. On a demandé à la terre de produire chaque année plus de récoltes, et comme elle n’allait pas assez vite, on la dopée jusqu’à l’overdose. Et bien entendu, on a fait un tas de tous nos déchets et on les a abandonnés là en se disant que la Terre était suffisamment grande et qu’on avait qu’à s’installer très loin de nos décharges pour les oublier. Rappelons-nous que la Terre est ronde et qu’à force d’entasser, nos déchets se retrouvent sous nos fenêtres.

De l’espoir pour l’après-confinement

Pousse de trèfle entre des plaques de métal.
Mes espoirs pour l'après confinement.

Alors pour que cette période ne soit pas qu’une parenthèse peu sympathique dont les livres d’histoire ne se souviendront que comme la pandémie la plus incontrôlable du monde moderne occidental, peut-on en tirer le meilleur ?

Oui on peut . Prenons tout ce qu’elle a pu avoir de bon et prolongeons cela dans la vie normale.

Continue à aller voir le petit producteur qui se casse le dos à 2km de chez toi. Tu as bien vu, il ne mord pas.

Fais en sorte que le croptop que tu commandes ne va pas faire le tour de la planète pour te parvenir (dommage pour 4cm² de tissu).

Donne-toi le droit de ne rien faire. Ne culpabilise pas d’adorer les soirées séries du samedi soir et ne culpabilise pas non plus de ne pas pas avoir envie de maximiser ton temps pour batch cooker, tricoter ton poids en pulls ou monter 4 entreprises. Rend-toi heureux, fous-toi la paix. Parce que tu t’es bien rendu.e compte que le monde continuait de tourner même si toi tu ralentissais.

J’espère que ce article t’as fait du bien. Viens discuter de tes espoirs en commentaires si le cœur t’en dit.

A bientôt ❤

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